Parution de Les prisons familiales – Se libérer et guérir des violences invisibles

Le jeudi 2 mai sort en librairie le livre Les prisons familiales – se libérer et guérir des violences invisibles, de Anne-Laure Buffet, chez Eyrolles.
A l’occasion de la sortie du livre, une rencontre avec l’auteur, un échange avec les lecteurs, suivis d’un apéritif, aura lieu à la librairie Le Divan, le mardi 14 mai à 19h (entrée libre).


Ce livre Les prisons familiales donne la parole aux victimes de violences intrafamiliales et conjugales. Femmes, hommes, enfants, comment se retrouvent-ils sous emprise, de quelles formes de violences sont-ils victimes, et de quelles manières cette violence psychologique, qui peut aussi être une violence physique, sexuelle, économique, se met-elle en place ?
Majoritairement, les victimes se retrouvent muettes face à ce qu’elles vivent, mises en incapacité à réagir, à se défendre et à dénoncer. C’est ce que tous ceux qui n’ont pas subi ni été témoins de ce type de violence particulièrement insidieux n’arrivent pas à comprendre, et ce qui fait naître des réflexions et des reproches, insupportables à entendre : « Tu aurais pu partir ? Pourquoi n’as-tu rien dit ? Finalement, si elle restait, c’est qu’elle devait y trouver son compte… On peut toujours se défendre, ce ne sont que des mots, si elle n’a rien dit c’est que ce n’était pas grave… Elle est bien contente aujourd’hui de jouer la victime… »

Pourtant, ce n’est ni pas faiblesse ni par lâcheté que ces victimes se taisent, ou dénoncent après bien des mois ou des années ; retenues par la culpabilité, par le doute, par la peur de dire et celle de se tromper, par l’angoisse de perdre et de se retrouver seul(e) et rejeté(e), par la honte, comme si elles portaient une tâche, une souillure indélébile, elles oscillent entre l’espoir d’un meilleur et la terreur de voir s’effondrer leurs illusions, leurs envies, et ce qu’elles ont tenté de construire, malgré tout.

Ces personnes victimes, car ce sont des personnes avant tout – ce que l’on oublie trop souvent en les qualifiant de victimes et uniquement de victimes, en leur retirant de fait leur part humaine, elles qui sont déjà dépersonnalisées par une violence meurtrière – ces personnes sont aussi bien des femmes que des hommes, des enfants que des adultes. Si elles ont un point commun,c’est une fragilité ; mais chacune porte sa propre fragilité, et ni le sexe, ni l’âge, ni la profession, ni l’origine sociale, culturelle, religieuse… ne se suffisent en tant que cause et terreau de la violence. Il s’agit donc de s’intéresser à chacun(e) en tant que tel et non de généraliser pour tirer des conclusions faussement empiriques tant sur les « raisons » d’une relation familiale violente que sur les manières de fuir cette violence et de se reconstruire. Ce sont des histoires humaines individuelles tout autant que sociales. Dénoncer cette violence peut permettre d’envisager un construction sociale différente ; à condition de considérer chaque fois la personne victime à part entière et non comme uniquement participant malgré elle d’un système mortifère.

Il est donc indispensable, et c’est ce que Les prisons familiales propose, de présenter ces différentes victimes, tout autant que celui ou celle qui devient leur bourreau. Appelé(e) « emprisonneur » par l’auteur, son fonctionnement bien particulier a pour objectif de s’accaparer une personnalité tout en la vidant de sa substance. Souvent comparé à un vampire, ou à une sangsue, il absorbe totalement la personnalité de sa victime jusqu’à la laisser pour morte, au moins psychiquement.

Comment mettre fin à une telle violence ? Comment se reconstruire, quelles chemins prendre pour se libérer ? Enfin, faut-il pardonner ? Ces questions également abordés dans le livre reviennent fréquemment lors de consultations. Ayant perdu tout repère, les personnes victimes cherchent des réponses en étant convaincues de ne plus en posséder aucune. Les thérapies permettent de reconstruire une vie souvent en miettes. Les neurosciences aujourd’hui apportent un éclairage important, indiquant les conséquences réelles de ces traumatismes tant sur le plan cérébral que corporel. Le traumatisme, inscrit désormais, doit être pleinement considéré . Ainsi, la personne ne se (re)construit pas à l’identique, mais en fonction de ce qu’elle est, et de ce qu’elle a vécu.

Si ce livre s’appelle « Les prisons familiales », c’est que la plupart des victimes parlent en ces termes. Elles se sentent en prison, enfermées, emprisonnées, tant dans leur corps et leurs pensées qu’entre les quatre murs de leur maison, sévèrement contrôlés par l’emprisonneur. Il s’agit donc bien de libération et de liberté lorsqu’il est question d’échapper à l’emprise et à la violence. Il s’agit d’apprendre réellement à respirer de nouveau, et à vivre sans craindre ni la lumière, ni l’extérieur, ni l’entourage, devenu pendant un temps un étranger ou un ennemi.

En librairie le 2 mai.
A découvrir à la librairie Le divan le 14 mai à 19h (entrée libre), 203 rue de la Convention 75015 Paris, au Quartier du livre le jeudi 16 mai à 17h (entrée libre), et à la Fête du livre de Talloires les 25 et 26 mai (rencontre avec l’auteur le 25 mai à 15h)


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