Ma mère est folle

Mercredi 5 novembre sort au cinéma le dernier film de Diane Kurys, Ma mère est folle


Ma mère (Fanny Ardant), celle de Baptiste (Vianney), excentrique, fantasque, menteuse tout autant que conteuse d’histoires, une mère qui aime la vie, l’instant présent, l’immédiat, et qui, un peu comme Scarlett, se console en pensant que « demain est un autre jour ». 
Quant à Baptiste, petit garçon dans un corps d’adulte, qui a fui cette mère et tente de se construire une vie, il traverse des sentiments ambivalents : comment ne pas aimer cette maman qui illumine la vie, la rend différente et souriante, comment ne pas détester cette mère qui ne protège pas mais qu’il faut protéger, qui vit, comme il est dit dans le film, « comme un oiseau sur la branche », qui se met en danger, et expose ses proches, son enfant, par totale insouciance ; qui fuit pour grandir mais qui est encore là, aide encore, s’investit encore auprès de cette mère, qui est touché, et touchant dans son amour. 

Bande-annonce du film 

Le sujet, en quelques mots… Nina risque d’être expulsée. Sa situation financière – d’aucun dirait qu’elle l’a bien cherchée – est catastrophique. Pour s’en sortir, elle accepte un go fast, direction Rotterdam, où son fils habite et travaille. Et quitte à faire, elle ne fera pas ce go fast seule, mais avec un enfant, migrant, sans papier, qu’elle recueille pour qu’il ne soit pas abandonné. 

Ce film est une peinture impressionniste. Pas besoin de grandes scènes, de longs dialogues, de flash back plus ou moins subtils pour permettre de comprendre chaque personnage. L’insouciance immature de la mère, le besoin de cadres, de constructions (Baptiste n’est pas architecte pour rien…) et d’échappatoires pour le fils, les sentiments qui s’expriment, d’amour, de colère, de peine, de peur d’abandon, de jalousie sourde, mais aussi de compréhension, et de pardon – pardon du fils lorsque sa mère lui demande. 

Nina n’est pas une mère maltraitante. C’est une enfant qui a grandi trop vite, qui ne veut pas arrêter de jouer et de rêver, qui refuse et se refuse à la réalité, jusqu’à ce que cette réalité la rattrape. Baptiste finit par accepter ce rôle qu’il n’aurait pas dû avoir, celui du fils qui protège, lorsqu’il ne considère plus sa mère comme la mère qu’il a cherchée, mais comme une femme. Quant au père, totalement absent, ne serait-il pas le plus coupable dans cette relation déséquilibrée et déséquilibrante ? 

Il ne faut pas oublier les amis présents dans le film, Arielle Dombasle, tout aussi fantasque et Patrick Chesnais, qui l’un et l’autre vont permettre à Nina, et à Baptiste, de comprendre le lien qui existe entre ce fils triste et trop responsable et cette mère qui évite toute responsabilité. 

On ne choisit pas sa mère… On l’aime, on l’accepte ou on s’en sauve. 
Dans ce film où la folie est une excentricité débordante et dangereuse pour un enfant, ce qui prédomine est un amour immense. C’est sans doute pour cela que pour une telle situation, « on ne dit pas à sa mère qu’elle est folle ». Ne faut-il pas un jour grandir et admettre qu’une mère peut se tromper, peut ne pas savoir faire, peut être différente, lorsqu’elle n’est pas maltraitante, lorsqu’elle n’est ni plus ni moins qu’un humain avec ses forces et ses fragilités ? Ne faut-il pas comprendre, essayer de le faire, sans tout pardonner, mais pour pouvoir grandir et accepter ses propres faiblesses ? Ne faut-il pas se réconcilier avec cette mère, femme avant tout, pour se réconcilier avec soi, pour s’aimer ?

Emission La bande originale, (France Inter, Nagui) avec Fanny Ardant et Vianney, et mon intervention, à 46′, environ. 

Un commentaire

  1. Oui ma mère est folle…Que d’enfer à traverser!! Des l’age de 8 ans ,écouter ses pleurs interminables la rassurer, lui dire de manger, absorber ses angoisses. Vivre 2 ans en nourrice 5 et 6 ans toute la semaine , grande tristesse puis 3 ans chez mes grands parents heureuse que 3 années.
    Seule sans parents durant 15 jours à l’age de 13 ans, j’allais au collège…Dépréssive je l’ai très vite materné, pas d’enfance, des sacrifices de folies , elle a sucé ma vie.En plus parfois me terrorisait par son humeur. Je n’ai jamais ressenti son l’amour , j’en pouvais plus de ses mensonges,l’emprise mortifère mais pas conscience, je m’étais bruler la main gauche avec encens , indifférente!,Ne jamais avoir connu l’amour de sa mère c’est ce qu’il y a de plus douloureux je crois pour vivre ; Cancer d’Amour.
    J’ai cherché son amour jusqu’a l’age de 52 ans ,quand inconsciement elle a failli me pousser au suicide. En deuil j’étais et elle qui vampirisait mon énergie et moi incapable de parler, je m’enlisais dehors vers la mort comme ds les sables mouvants , le vide ,la mort proche. , Instinct de survie juste, j’ai rencontré un homme que je conaissais peu dans le tantra…. J’ai découvert qu’elle était perverse narcissique, ATROCE !! En revoyant ma vie je disais ma mère m’a baisé . Vrai. Toutes ces visites ds hopitaux psy, laver le linge, faire le chauffeur, comme elle était fragile et elle pas ds l’émotion je lui confiais jamais mes soucis,j’ai tout gardé en moi! Par contre sa honte; sa terreur, ses crises de nerf, le climat incestuel j’ai tout pris dans la gueule. J’étais aussi sa poubelle. Mon père est schizophrène ,comme moi nous étions ses esclaves ! Mon père avait de l’amour pour moi. Mais elle l’a toujours mis de coté comme un chien. J’étais l’objet de ma mère , pas de respect pas d’amour, on peut en crever. Evidement j’ai cherché des « mères » ailleurs, des êtres avec un coeur. Et si on est toujours vivant avec en plus d’autres trauma violents , décidément, c’est que je suis une grande rescapée. Mon thérapeute d’une grande humanité spécialisé ds les traumatismesEMDR psychanalyste psychiatre me dit que je suis une traumatisée de guerre….OUI .
    Pour agir ainsi j’ai pris conscience avec mes thérapeutes , mon dicours authentique avec ma mère récement qu’elle a subi de très lourds traumatismes , C’est le cas pour tous les etres fous. Il y a aussi des fous invisibles au pouvoir . Des inspecteurs de l’ Education Nationale pervers narcissique qui peuvent pousser des enseignants très vulnérable au suicide, je le sais …..Aucune sanction , ce sont des rois.
    L’amour reste en moi; immense compréhension des êtres. Nous sommes sur Terre pour Aimer
    MERCI A TOUS LES ETRES DE LUMIERE QUI M’ACCOMPAGNENT.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s