LE HARCÈLEMENT SCOLAIRE

La rentrée scolaire a eu lieu, il y a presque une semaine. Entre rires et pleurs, des enfants comme des parents, impatiences, bouderies, inquiétudes liées à la diminution du personnel encadrant, gestion des organisations et des emplois du temps, et stress des examens encore loin… chacun affronte cette rentrée avec ses propres préoccupations.

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Et certains, malheureusement bien trop nombreux, avec une difficulté et une souffrance très particulière, et très dangereuse, celle d’être victime de harcèlement scolaire. Celle d’être un parent d’élève – d’enfant – victime. Celle d’être enseignant, proviseur, dans un collège, un lycée où le harcèlement sévit.

En novembre 2016, certains se réjouissaient de voir le nombre de victimes diminuer. Il ne serait plus que d’environ 10% des élèves (toute section confondue) a en être victimes… !! Oui, les !! sont nécessaires. Indispensables. 10%. Dix pour cent. Un élèves pour dix. Donc, dans une classe de trente élèves, 3 d’entre eux seraient concernés.

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Le harcèlement n’est pas forcément le fait d’un groupe d’élèves. Il peut être celui d’un seul, sur un autre. Il peut être celui d’un enseignant sur un élève ; ou encore d’un élève, d’un groupe d’élèves, sur un enseignant.
Il génère de l’angoisse, de la phobie scolaire, et sociale, des troubles du comportement, et des comportements d’évitement, des symptômes traumatiques (anxiété, troubles alimentaires, troubles du sommeil, scarification…). Il peut mener au suicide.

Nora Fraisse ne peut l’oublier, depuis ce jour où elle retrouve sa fille de 13 ans, Marion, pendue, et découvre le harcèlement dont elle était victime. Elle témoigne dans un ouvrage paru aux éditions Calmann-Lévy : Marion, 13 ans pour toujours, dont a été tiré un téléfilm diffusé en septembre 2016 sur France 3. Nora Fraisse se lance alors dans un combat contre le harcèlement scolaire et crée l’association Marion la main tendue pour informer sur cette violence bien particulière.

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Le harcèlement scolaire prend bien des formes.
Et l’usage des réseaux sociaux développe dangereusement ce phénomène. A l’origine du harcèlement, la recherche de popularité, la quête du pouvoir et de la reconnaissance, l’envie de domination, le manque de respect des différences, la moquerie cruelle renforcée par la puissance du groupe…
Certaines séries télévisées dénoncent ces phénomènes. La série Black Mirror, qui repose essentiellement sur l’usage des nouvelles technologies, pointe très clairement le danger de cette quête de popularité dans son épisode Chute libre.
Une autre série, 13 reasons why, adaptation du livre de Jay Asher, a été particulièrement suivie par les ados. On y suit Clay Jensen, un adolescent de 17 ans, alors qu’il écoute des cassettes audio enregistrées par sa copine Hannah Baker avant qu’elle se suicide. Elle y relate les évènements ayant mené à son ostracisme, à son humiliation, puis ultimement à sa mort. Ce faisant, elle identifie les personnes ayant joué un rôle dans sa décision, que ce soit en lui faisant du mal, en coupant les ponts avec elle ou en ne lui apportant pas l’aide sollicitée.

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Et sans oublier ce clip terrible : Liker c’est déjà harceler. 
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Aucun élève ne semble à l’abri. Il ne s’agit pas d’être discret ou bavard, grand ou petit, bon ou mauvais élève. Il ne s’agit pas d’avoir un handicap, une différence, une spécificité. Il ne s’agit pas de couleur de cheveu, de peau, d’accent, de quartier.
Il s’agit d’être.
Et dans ce « être », d’avoir suffisamment de confiance en soi, en son entourage, à sa parole, à celle des autres, à sa possibilité de dire oui et non, de s’engager ou non, de suivre ou non, d’être soi, ou non.

Comment faire ? Quelle aide, quels conseils, quels soutiens apporter à ces élèves, à ces parents, à ces enseignants en difficulté ? Comment se prémunir, comment réagir, comment résister ? Autant de questions qui se posent, et souvent, aujourd’hui, avant même que la situation de harcèlement ne soit effective, tant l’angoisse d’en être victime, ou de voir son enfant victime, envahit les pensées.
C’est à toutes ces questions que Emmanuelle Piquet, thérapeute, tente de répondre dans son livre Le harcèlement scolaire en 100 questions, paru aux éditions Tallandier en septembre 2017. Emmanuelle Piquet est la fondatrice du centre Chagrin scolaire, qui reçoit enfants, parents, enseignants et offre une écoute, un soutien et un accompagnement dans des situations de souffrance à l’école.

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Entre autres questions :
– Existe-t-il un profil type du harceler / du harcelé ?
– Est-ce que le harcèlement peut avoir des conséquences sur la santé ?
– Quels sont les signes qui peuvent alerter les parents ?
– Est-ce qu’il y a des réactions types de l’enfant harcelé ?
– L’enfant doit-il parler et à qui ?
– Comment faire pour que le harcèlement s’arrête ?
– Comment ne plus être celle qu’on prend et qu’on rejette ?
– Quel rôle un chef d’établissement peut-il jouer ?

Un livre qui sera une aide précieuse pour chacun-e afin de lutter contre le fléau du harcèlement scolaire et contre les drames qui en découlent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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