« MON » TRÈS CHER PN (4eme courrier)

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Ça m’énerve, ce « mon ».

Je vais commencer autrement.

« Très cher PN »… mais très n’est presque pas assez, tellement tu es trop destructeur, pour nos enfants, pour moi.
« Trop cher PN » … oui, car pour être cher, tu es cher. Cher en argent que tu m’as coûté, pour me défendre, pour me protéger, pour me soigner de tous ces coups moraux, et physiques, que tu me donnais. Cher en temps passer à t’écouter,à vouloir t’aider, à vouloir te comprendre. À vouloir vivre près de toi, puis loin de toi, le plus loin possible. Cher en sentiments mal utilisés, écrasés, dénigrés. Que tu retournes aujourd’hui à chaque instant contre moi, faisant de moi ton miroir, m’adressant les reproches qui te vont pourtant si bien. Tellement cher que nous en sommes arrivés à la crise. Bilan négatif, faillite. On a baissé le rideau sur notre histoire, définitivement.
Cher… cher pour tout ce que j’ai dépensé pour toi. Je m’en suis voulu, je ne m’en veux plus. Je me suis détestée, j’ai appris à m’aimer. « Cher » me rappelle tout cela. Je supprime le « cher ».

« Trop PN » ? Non, ce serait encore te faire plaisir, flatter cet ego que tu fais briller chaque matin, pauvre sot que tu es ! Tu serais presque fier, et je vois ton oeil briller, de pouvoir te vanter d’être plus PN que les autres. D’être au sommet. Tu t’accorderais une médaille. « Moi, PN 1er, je vous demande, petits PN, de vous mettre à genoux et de ne vous relever que lorsque vous saurez détruire autant que moi. » Jolie médaille qui brille autant qu’une tâche de sang. Le trop, tu l’as, tu l’es, en tout. En tout ce qui fait mal. En tout ce qui sert ta cause, ta bien mauvaise cause, sans te soucier de ce qu’il retire, définitivement, aux autres.

Reste « PN ».

« PN », comme « petit nigaud », « piètre nain », « pauvre néant ». Ce néant d’âme que tu représentes. Ce néant de vie, ce néant de coeur, ce néant de sentiment. Ce néant d’attachement. Rien ne te convient, rien ne te satisfait, rien n’assouvit ta faim, ta soif de te nourrir des autres, de l’autre… Et comme tu as été boulimique lorsque l’autre était moi ! Rien, si ce n’est ton nombril, ton gigantesque nombril, autour duquel tu tournes et tournes sans t’épuiser, tel un derviche fou qui ne connaîtrait ni repos ni tranquillité.

« PN », je n’ai que faire de toi. Tu as cru tout prendre, tu m’as laissé le meilleur : la foi en la vie, ma vie, en moi.

« PN », cette fois, c’est bien fini. Tu ne m’es rien, et surtout pas « mon ». Tu ne m’es cher qu’en temps perdu. Tu n’es ni très, ni trop, car tu n’es rien. Une caisse vide qui résonne de chacune de tes bassesses.

Hasta la vista, baby… Dehors, il fait beau. J’y vais. Sans toi. Enfin légère, débarrassée de ton poids.
Débarrassée de toi.

©Anne-Laure Buffet

11 comments

  1. Merci pour cette page si pertinente… qu’on lui enverrait presque, puis j’ai décidé d’envoyer une belle lettre positive à une personne généreuse. Certains ne méritent pas même un timbre…

  2. Quand quelqu’un commence sa phrase par « Ton ex », il a droit à une correction immédiate et franche. Et cela ne se reproduit plus, ni ne génère de fausse compassion.
    Ce n’est ni Mon, ni ex. C’est passé, c’est fini, c’est loin, il n’y a pas de lien. Juste des manœuvres odieuses avec les enfants ; mon travail étant qu’ils ne deviennent pas des fusibles.
    Ils ont son sang, à moi de leur donner un cœur noble, une âme heureuse, de la confiance, de l’autonomie, un libre-arbitre. Les rassurer, les désengager des conflits de loyauté … quel boulot ! Les deux plus grands ont assisté à des comportements aussi outrageux que délirants. Ils ne s’en sont que mieux positionnés. Peut-être plus facilement que les deux autres qui ont malgré tout des oreilles. Leurs réactions sont plus sourdes. Il y a une sorte d’effet tunnel. Le SAP de ma fille aurait beaucoup faibli si j’en crois son attitude depuis mardi dernier. Un petit miracle ? À confirmer ! J’en profite pour enfoncer quelques clous en lui assurant que c’est bien elle qui a évolué …beaucoup plus que moi 😉

  3. On dit bien « Mon cancer ».

    Mais je ne suis pas pour le mélange des genres.
    Surtout par égard pour les formidables thérapeutes et par admiration de la volonté de ceux qui consultent et pour leur combat.

  4. Bonsoir,
    Ce soir, j’ai dit « droite » sur mes deux jambes : tu n’es qu’un Petit Nigaud !!
    Je vous remercie de votre témoignage poignant et tellement vrai.
    Je continue ma vie différemment, libre et joyeuse.
    Cordialement,

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