ENTRE DOUTE ET DIAGNOSTIC

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Depuis la création de ce blog, fin janvier 2013, les témoignages et les demandes d’aide sont de plus en plus nombreux.
Du – malheureusement – classique : « Comment s’en sortir ? », ou encore « Mon (ma) conjoint(e) est-il(elle) PN  « , au bien plus violent… Descriptions de violences psychologiques, de harcèlement, de violences physiques.
Dans le cas de violences physiques, je note qu’une forme revient assez régulièrement : la strangulation, ou les coups donnés au niveau de la gorge, comme si le harceleur avait la volonté de faire taire, physiquement et définitivement, sa victime.

Le sujet de la perversion narcissique inquiète, interroge. Entraîne souvent des assimilations. Ainsi, une compagne ou un compagnon jaloux de manière pathologique sera qualifié de PN. Un conjoint, ou un père, « macho » et poussant loin son machisme sera soupçonné lui aussi d’être PN. Et tant d’autres assimilations sont possibles.

Une fois de plus, je rappelle que la perversion narcissique est une déviance. Une déviance particulière, dangereuse, destructrice pour celui ou celle qui la subit. Elle est invisible, indicible aux yeux des autres. Elle se manifeste entre quatre murs. Mais lorsque la porte est ouverte, rien ne transparaît. Entre le silence de la « proie », terrorisée, et les sourires du « bourreau », personne ne peut se douter de la violence permanente et dissimulée qui ronge les trop nombreuses victimes.

Les médias informent de plus en plus sur la perversion narcissique. Ils dressent des portraits tant du harceleur que de la victime. Ils utilisent le terme « harceleur » à qui mieux-mieux, accentuant encore le phénomène d’assimilation. Les références tant à de vrais professionnels qu’à des témoignages concrets sur le déroulement du processus de destruction ne sont pourtant pas légion. On passe trop facilement de la mesquinerie quotidienne à la plus grande violence physique. Sont oubliées toutes les étapes qui mènent à la mort – psychologique – de la victime.
Des tests voient le jour dans les magazines féminins. Il devient courant de les faire, sur la plage, au soleil, ou au fond de son lit avant de s’endormir. Ainsi, chacun reconnait ou croit reconnaître en l’autre un PN, ou une victime, ou les deux, ne sachant plus quoi croire et que comprendre.

Ce n’est pas en répondant à un test pour obtenir le maximum de ronds, de carrés ou de triangles que l’on peut être informé. À peine quelques indices, rien de plus. Le risque majeur étant de classer dans une catégorie telle ou telle personne, sans autre forme de procès, sans aucune connaissance réelle de la situation, et sans aide et confirmation psychiatrique.
Ce n’est pas non plus en lisant quelques articles que l’on peut être à même de juger, ou de comprendre.
Quand aux nombreux ouvrages de qualité sur le sujet, ils sont malheureusement souvent parcourus en diagonale, le lecteur cherchant simplement le paragraphe, le passage qui va lui apporter confirmation de ce qu’il croit déjà savoir. Son analyse n’ira pas plus loin que cela. Et même s’il cherche à s’informer pour aider, ce n’est pas quelques lignes qui sont suffisantes pour l’informer complètement. Elles sont un indice, un guide, mais rien ne vaut l’échange avec des spécialistes de la question.

Les spécialistes, qui sont-ils ? Des psychiatres, des psychothérapeutes, confrontés quotidiennement à ces situations de manipulation et de destruction psychique d’une personne. Des victimologues, ayant mené des études afin de comprendre les rouages de ce mécanisme psychiquement et physiquement mortel. Des juristes et des magistrats qui se sont informés et formés pour apporter la meilleure défense aux victimes.
Et les victimes elles-mêmes qui ont pu s’en sortir. Qui ont réussi à sortir de l’emprise. Qui n’oublient ni les faits, ni les actes, ni les paroles. Qui sont capables de déceler les signaux d’alertes dans un comportement décrit, dans un discours.

Il ne suffit pas de quelques gestes ou de quelques paroles pour qualifier quelqu’un de PN. Il faut observer sur le long terme, car c’est sur le long terme, s’appuyant sur sa patience et son objectif dont il ne dévie pas, que le PN travaille. La manipulation ne s’opère pas en quelques semaines. Elle est insidieuse comme la gangrène et prend des mois, des années parfois, pour être repérable.

Aussi, en cas de doute, d’interrogation, de volonté d’apporter de l’aide à une victime supposée, IL EST INDISPENSABLE DE S’INFORMER SÉRIEUSEMENT EN S’ADRESSANT À DES SPÉCIALISTES, DES PROFESSIONNELS RECONNUS.
S’inquiéter, alerter, voir mener un combat, n’est utile, profitable et judicieux qu’en étant certain des arguments à avancer.

3 commentaires

  1. Il faut être d’autant plus prudent que, pour la victime, même dès lors que son bourreau est identifié comme tel par un spécialiste, elle continue à ne pas voir l’évidence, tellement elle a été conditionnée au doute et à l’humiliation permanente. Après 1 an de mariage (mon 2è mariage) j’ai eu une période de doute profond indéfinissable associée à une anorexie qui m’a fait perdre 15 kg, moi qui suis plutôt une bonne vivante, gourmande et généreuse. La psy consultée à ce moment-là m’a dit de me SAUVER et de sauver ma peau, posant progressivement le « diagnostic » de manipulateur. La 1ère épouse de mon mari m’a confirmé la description et m’a dit que je l’avais sauvée, elle, grâce à mon arrivée dans leur histoire. JE N’AI PAS ENTENDU, PAS COMPRIS.
    Puis je suis partie 2 ans après… mais revenue au bout de 15 jours, bourrelée de remords d’avoir pu faire souffrir l’homme que j’aimais tant.
    Puis j’ai supporté l’insupportable, les humiliations, les tortures psychologiques, l’isolement par rapport à mes 5 enfants adultes, issus de mon 1er mariage.
    J’ai essayé de partir, une 2è fois, j’ai abandonné en cours de route.
    Là je suis prête ENFIN à partir, j’ai mis 7 ans, depuis que je SAIS que mon mari est un vrai pervers narcissique. Et même encore aujourd’hui j’ai besoin de soutien, il est capable d’être si prévenant et tendre EN PUBLIC que je me demande souvent si je n’ai pas rêvé.
    La SEULE façon de garder la tête froide est de garder à l’esprit en permanence que c’est un COMEDIEN et qu’il n’a pas de sentiments. A partir de là, toutes ses actions deviennent compréhensibles suivant sa « logique ».

    MERCI pour votre blog qui est remarquable.

    1. Merci à vous Danielle.
      Je crois qu’il faut toujours du soutien. De moins en moins, de loin en loin. Mais se dire « je suis définitivement guéri(e) » me semble être une erreur. Il me semble dangereux de présumer de ses forces et de ses possibilités.
      Parler, échanger… permet de renforcer constamment les ce dont la victime a besoin pour tenir bon.

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