« MON » TRÈS CHER PN

« Mon » très cher PN.
Voilà maintenant plusieurs années que je ne vis plus ni sous ton toit ni sous ta coupe. Je suis au regret de te dire qu’après tous ces mois sans toi, je vais très bien. Et même de mieux en mieux. Non, finalement, je ne suis pas au regret. J’utilise encore certaines formules de politesse avec toi. C’est une mauvaise habitude. Mais ne sois pas inquiet. Je me soigne.
Figure-toi que j’entends à nouveau le chant des oiseaux le matin. Que le soleil ne me fait plus plisser les yeux. Que les ombres ne me font plus peur. Que le bruit d’une porte qui s’ouvre ne me fait plus sursauter.
Quand mon téléphone sonne, je ne tremble plus. Je réponds, si j’en ai envie, quand j’en ai envie. L’inventeur de la boîte vocale a eu une riche idée. Tu peux me laisser un message après le signal sonore, comme toute personne normalement constituée. Je te promets de l’écouter quand j’en aurai le temps.
Je me suis coupé les cheveux. Je m’habille comme je veux. Je mets des jupes pour sortir, et des talons. Je me maquille. Personne ne vient me critiquer. Personne ne m’y encourage. Personne ne me traite de pute après un dîner.
Si ça t’intéresse, les enfants vont bien. Ils parlent de toi, très souvent. Ça ne t’étonnera pas ; ça devrait même te faire plaisir puisque c’est tout ce que tu attends. Pour Noël je t’offrirai un enregistrement de leurs discussions. Tu vas voir, c’est très instructif. Certes, ils parlent de toi. Comme d’un piètre clown. Tu devrais être fier. L’idiote que j’étais à tes yeux ne les a pas empêché d’avoir un cerveau, et un cerveau qui fonctionne. Ils ne sont pas aveuglés. Ils ont très bien compris qui tu es. Ta chance, c’est qu’ils t’aiment, encore.

J’ai arrêté de porter un foulard. La marque de tes doigts s’est enfin effacée. En fait, j’ai arrêté de le porter lorsque je suis partie. Je n’ai plus eu besoin de cacher l’empreinte que tu avais laissée. Quand il a fallu que je dise d’où ces traces provenaient, j’ai eu honte. Pour toi. Quel animal faut-il être pour n’avoir comme seul moyen d’être avec l’autre que celui de vouloir le tuer ? Le flic qui m’a reçue était très aimable. Mais pas étonné. Il semble que ce soit classique. Vous, toi, tes congénères, craquez lorsqu’on vous échappe. Alors, vous resserrez vos petits doigts boudinés de toutes vos forces pour retenir celle qui s’éloigne. « C’est à moi, c’est à moi ! ». Mais je ne joue plus dans ta cour de récré.

J’ai trouvé un travail. Difficile, c’est évident. Mais j’ai trouvé. La période n’est pas propice. C’est ainsi, j’ai été recrutée. Mes compétences, je les ai montrées. Et, ça va t’étonner, elles ont été retenues et reconnues.

Tiens, je ne sais pas si tu vas sourire, mais figure-toi que j’ai fait ce que tu me conseillais souvent. Hier soir, j’ai pris un bain. Un long bain, pour me détendre. J’avais mis des bougies, du bain moussant, de la musique, et je m’étais servi un verre. Je suis restée longtemps dans mon bain. Personne n’est venu m’y chercher en me disant que je trainassais, que je ne faisais rien, que je ne m’occupais de rien, que je ne m’intéressais à rien.
La pile de linge à repasser grossit d’ailleurs. Je repasse ce dont nous avons besoin. Et les enfants comme moi ne manquons de rien. Eux ne pensent pas que je suis à leur disposition, à leur service.

J’ai prévu de partir en vacances avec eux au soleil. Non, ce n’est pas dangereux. Non, je ne les expose à aucun cancer de la peau. Non, je ne profite pas outre mesure. Non, je ne suis pas égoïste. Nous avons décidé ensemble de l’endroit. Nous avons choisi ensemble la période. J’ai à peine hésité. Mais si j’étais restée à paris, comme l’année dernière, tu aurais répété que je préfère les laisser livrés à eux-mêmes sous une chape de pollution. Alors sans t’en parler, j’ai opté pour une chape de soleil. Et c’est très bien ainsi.

Tu n’en sauras pas plus. Le reste de ma vie ne te regarde pas. Plus. La couleur de mes culottes, le contenu de mon assiette, l’heure de mon réveil, le temps que je mets pour aller travailler, les amis que je vois… Tout cela ne te concerne plus. Tu peux me demander. Je ne te répondrai pas. Va jouer au garde-chiourme ailleurs.

À l’occasion, n’oublie pas de verser la pension alimentaire que tu me dois, ou plus exactement que tu dois aux enfants. Je te rappelle que si toi, tu oublies, la justice, elle n’oublie pas. N’aime pas. Et pourrais être amenée à te le faire savoir.

Comme il fait très beau, je te souhaite une belle journée.
Je ne te dirai pas « Bien à toi ». Il ne faut rien exagérer. Bien cordialement est déjà de trop. Et « bien mal acquis ne profite jamais » est sentencieux, n’est-ce pas ?
Alors, bien le bonjour, « mon » très cher PN. Et au plaisir de ne pas te revoir.

2 comments

  1. N’oublions pas que le PN a choisi sa victime pour son entrain, sa joie de vivre, et s’en repaître. Alors, le jour où on est enfin libéré, où on retrouve le bonheur de vivre, il ne faut rien dire au PN. Surtout tant que le divorce n’est pas prononcé. Il ne supporterait pas que vous vous trouviez bien sans lui. Si vous êtes par la force des choses obligé d’avoir encore des relations en commun, ne CONFIEZ rien ! Vous êtes riche au moins de 2 points positifs : vous SAVEZ comment il fonctionne (donc son art de faire parler les gens), et vous n’êtes plus affecté par l’opinion des autres, même de vos proches les plus proches ! (qui bien souvent ont eux-mêmes été manipulés contre vous. Le reconnaître supposerait une remise en question d’eux-mêmes dans vos rapports avec vous. C’est souvent trop lourd pour eux, ils préfèrent le déni. Respectez cette faiblesse. Ils ne sont pas prêts).

    Fort de ces 2 points, agissez en conséquence :
    – votre salut ne viendra que de vous. Si vous recevez une aide réelle, dites-vous que c’est la cerise sur le gâteau.
    – vous avez constitué un dossier contre lui ? Et il vous menace. Utilisez ses armes : ce n’est pas votre faute, c’est votre avocat, vous n’étiez pas capable d’imaginer que votre avocat s’en servirait contre lui, etc. (n’oubliez-pas qu’il vous a considéré incapable, etc)
    – il tente de connaître votre vie privée ? Soyez ambigu (comment peux-tu imaginer qu’après toi….)(et surtout gardez votre rire à l’intérieur !)

    Mangez bien, dormez bien, faites-vous plaisir. EN SECRET. Il faut absolument que votre machine (corps et esprit) soit au top pour gagner la manche de la procédure.

  2. j’ai eu envie de nombreuses fois d’écrire aussi à « mon » PN, mais je me suis retenue et je m’en porte pas plus mal car c’est encore lui porter un intérêt, quel qu’il soit.
    quoi que j’écrive, que ça me fasse du bien ou non de vider mon sac, je sais très bien que ce ne sera pas réellement lu mais pris comme un nouveau levier, une nouvelle accroche.. comme une preuve que la communication est encore possible, existante…
    quel que soit mon discours, qu’il soit doux, haineux, explicatif, informatif, cela ne sert à rien et c’est encore se bercer d’illusion de croire qu’il pourrait réellement y voir un message autre que « tu existes pour moi, j’ai besoin de te parler ».
    j’aurais eu besoin, certainement, de lui parler mais uniquement s’il m’avait écoutée, entendue.. hors ce n’est pas le cas, ça ne l’a jamais été et ça ne le sera jamais.
    je ne suis rien pour lui, je ne suis pas sensée penser autrement que comme lui.
    la dernière chose qu’il ai eu de moi, c’est ma décision de rompre et il a considéré ma mère comme fautive et n’a pas admis un instant que j’ai pu réagir par moi-même, réfléchir seule…
    ma vie actuelle n’est pas un secret, je ne me cache pas.
    la seule chose que je garde pour moi et que les miens ne divulguent pas, c’est mon lieu de vie ou un quelconque moyen de me contacter, car j’ai des enfants et leur protection est prioritaire à tout.
    aujourd’hui, après des années à insister par mail, que ce soit gentillement ou par de long messages d’insultes et d’humiliation, il est passé au silence et je n’en suis pas particulièrement soulagée car je n’ose pas croire qu’il ai pu passer à autre chose ou comprendre.
    la seule chose qui me prouvera qu’il ne peut plus revenir à la charge sera le jour où on m’annoncera son décès.
    je ne serais pas soignée de mes blessures mais libérée de la peur qu’il m’en fasse de nouvelles ou qu’il puisse un jour atteindre mes enfants.
    je comprend bien ce message, cette envie de triompher, peut être même parfois de narguer, mais je pense sincèrement que la vie est ailleurs et que la réelle victoire arrive quand on n’a plus besoin ou envie de lui dire quoi que ce soit justement.

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